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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 23:12

 

Pas de panique, la traduction est juste après !

 

Jean, un enfant du village, est parti travailler à la ville, et il a quelque peu oublié qu’il s’est élevé à la campagne. Il revient au pays et rencontre son camarade Sébastien, qui lui, est resté facteur au village (La Beurlandrie). Il s’adresse à lui en français et Sébastien lui répond en poitevin.

 



La piarde

 

« Bonjour, Sébastien !

Ta, salut, Jhean. T’es de r’tour au péyis ?

Comme tu vois. Je suis là pour le week-end.

Teurjhous à Potché ?

Oui.

Qui qu’tu yi fais asteure ?

Je suis technicien de surface. Je travaille pour la mairie de Poitiers.

Ah ! Ol’est une boun’ piace ?

Oui, oui, je gagne bien ma vie, ça va. Et toi, toujours facteur ?

Staghiaire seul’ment, mais l’travail me piait.

Tant mieux. Qu’est-ce que tu fais là ?

Tu zou voué ben : i sè à minme d’ pianter daus échalotes ! O dirait pas qu’tu t’es él’vé à la Beurlandrie !

Tu sais, nous en ville …

I m’doute ben qu’ol’en pousse point guère à Potché sû la Piace d’Armes !

Et cet outil-là, qu’est-ce que c’est ?

Qui ? Ah ! thieu ? … Attends, peux-tu thiuler un p’tit bout qu’i finisse mon rang ? Merci. »

 

Là d’ssus, Jhean thiule d’un pas, mais pose le pied sur thiel outil jhustement. L’manche yi r’vint à toute volée dans les reins.

« Aïe ! Diab’ te brûle la piarde ! Que l’Jhean s’met à dieuler.

Ah ! I zou savais ben qu’tu t’souv’nais comment qu’o s’app’lait ! qu’o yi  répond Sébastien. »

 

 

La pioche (houe)

 

« Bonjour, Sébastien !

Tiens, salut, Jean. Tu es de retour au pays ?

Comme tu vois. Je suis là pour le week-end.

Toujours à Poitiers ?

Oui.

Qu’est-ce que tu y fais en ce moment ?

Je suis technicien de surface. Je travaille pour la mairie de Poitiers.

Ah ! C’est une bonne place ?

Oui, oui, je gagne bien ma vie, ça va. Et toi, toujours facteur ?

Stagiaire seulement, mais le travail me plaît.

Tant mieux. Qu’est-ce que tu fais là ?

Tu le vois bien, je suis en train de planter des échalotes ! On ne dirait pas que tu t’es élevé à la Beurlandrie !

Tu sais, nous en ville …

Je me doute bien qu’il n’en pousse point à Poitiers sur la place d’Armes !

Et cet outil-là, qu’est-ce que c’est ?

Quoi ? Ah ! ça ? … Attends, peux-tu reculer, que je finisse mon rang ? Merci. »

 

         Là-dessus, Jean fait un pas en arrière, mais pose le pied sur cet outil justement. Le manche lui revient à toute volée dans le dos.

« Aïe ! Saleté de piarde ! crie Jean.

― Ah ! Je savais bien que tu te souvenais comment ça s’appelait ! répond Sébastien. »

 

AG

D’après une histoire qui circulait autrefois dans nos campagnes.

Si je vous la raconte, c’est pour répondre au défi lancé par Liedich, le troubadour. Mais je dois dire que tout est la faute de Fripouille, le chaton d’Angélique qui s’est fait passer pour moi, et a laissé croire … Enfin,  j’y suis bien un peu aussi pour quelque chose ! (article « Angélique »)

 

 

 

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commentaires

Solange 16/02/2011 20:15



C'est quoi une piarde? Est-ce un rateau?



ag86 17/02/2011 14:21



Le mot français qui correspond est "une houe". On s'en servait pour tracer les sillons, arracher les pommes de terre ... Elle se compose d'un manche et d'un fer assez large et recourbé.
Evidemment, si on marche dessus ...



lazy 23/07/2009 15:51

Ca m'a fait vraiment plaisir de lire ces petites histoires en patois. Ma grand-mere le parle et malheureusement, je ne fais que le comprendre, ce qui n'est pas si mal que ca, non ?Merci.

ag86 23/07/2009 19:09


Non, en effet, ce n'est pas mal du tout ! J'essaie pour ma part d'écrire un peu en patois pour garder quelques souvenirs. Merci de ton passage qui me fait bien plaisir.
Amitiés


Moqueplet 19/07/2009 08:09

jolie histoire des gens de campagne et ceux de la "ville"....bon dimanche et à bientôt

ag86 19/07/2009 09:10


Bon dimanche également.
Amitiés


Isalaure 29/05/2009 08:38

Ma maman était du marais poitevin, malheureusement, patois qui ne s'est pas transmis au travers des générations. Merci pour la traduction. bon W.E

ag86 29/05/2009 09:19



Le patois de la Vienne n'est plus parlé que par certaines personnes âgées, et encore, bien des mots se sont perdus. C'est bien dommage.



liedich 26/05/2009 17:38

Bonjour, en fait, on retrouve assez bien le sens. Quand on le lit écrit car je suis persuadé qu'au parler, cela doit se corser grandement. J'ai connu cela il y a très longtemps en Auverge.Par contre, l'outil ne doit pas être en bois très dur car tu ne parles même pas de douleur or !!!!Dis moi quand même si ce patois reste très utilisé ou a tendance à disparaître.Bon, merci Alain.

ag86 26/05/2009 18:24



Le patois poitevin ou parlanjhe n'est plus du tout utilisé par la génération actuelle. Seuls les anciens le parlent, les personnes de 70/80 ans. J'essaie de conserver un peu de cette tradition en
faisant revivre l'ambiance des villages d'autrefois au travers d'histoires qui vont être bientôt publiées. Et puis c'est aussi un hommage à mes parents, à la terre, à mon village. Tu vois, le
truc sentimental, quoi ! Amitiés.



Bonjour Et Bienvenue !

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Alain GAUTRON    

 

 

Mon second blog :

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Fables et écrits courts

 

 

 

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  "La prose de la vie nous permet de survivre.

Mais vivre, c'est vivre poétiquement."

 

Stéphane HESSEL

(Le chemin de l'espérance)

 

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couverture

 

70 fables en vers

illustrées de photos en noir et blanc

par Yveline  (yg86)

150 pages

 

Ed. : TheBookEdition

 

Dans la rubrique "Rechercher un livre"

taper : FABLES

 

 

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L'homme d'un seul livre,

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PARLANGHE POITEVIN

 

 


L’imaginaire hameau de La Beurlandrie, de la non moins imaginaire commune de Taupignac, véritable petit « Cloche-Merle » du Poitou, nous livre ici tous ses secrets. Dans une suite de courtes histoires reliées un peu à la manière d’un roman, l’auteur nous raconte, dans une langue truculente, les dires, les faits et gestes, les espoirs et les déboires de La Jheanne, La Simoune, Le Bicognard, La Grimaude, le thiuré, Sébastien l’facteur, et pi bin d’autes…
Alain Gautron est né en 1948 et a passé toute son enfance à Charroux. Dans ses textes, il retrouve son parler familial, le poitevin méridional commun au sud-Civraisien (sud de la Vienne) et au Ruffécois (Charente poitevine). — Préface d’Yves Gargouil, maire de Charroux et vice-président du Conseiller général de la Vienne.
En fin d’ouvrage, Eric Nowak propose une petite étude sur la langue de l’auteur, et la resitue dans l’ensemble poitevin et saintongeais.

Editions PyréMonde juillet 2009

 

Vient de paraître :

 

 

Patois 01 Nowak

 

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Tour Charlemagne

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Merci de votre visite !

 

 

 

rose notes

 

 


DIFFERENCES


Toi qui repousses l'étranger,

A son encontre qui fulmines,

Pourrais-tu, plutôt que juger,

Considérer tes origines ?

 

Notre Histoire est un long voyage ...

Les peuples ont mêlé leur sang.

Aberration, ce "Pur Lignage",

Celui dont tu te dis l'enfant !

 

N'es-tu pas Celte ou  fils de Rome,

D'Afrique, berceau des Humains,

Etre cosmopolite en somme,

Riche de tes parents lointains ?

 

Rien ici-bas n'est étranger,

Et si la haine fait recette,

C'est que notre oeil est abonné ...

Au petit bout de la lorgnette !

 

Mille couleurs et  non l'unique

Font tout le charme d'un décor.

Pourrait-on parler de musique

S'il n'existait qu'un seul accord ?

 

Ce sang qui coule dans nos veines

Porte en lui tous les souvenirs

De la grande Famille Humaine

Et tant d'Amour qui veut grandir !

 

Toi qui repousses l'étranger,

A son encontre qui fulmines,

Pourrais-tu, plutôt que juger,

Considérer tes origines ?

 

AG

A bientôt !

 

oiseau de l'amitié

 

 


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Ferrat 03

 

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