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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 08:55

 

 

L’écureuil n’alla pas très loin. Juste comme Isabelle se penchait pour l’attraper, il revint vers elle et lui sauta dans les bras en tenant entre ses dents une petite châtaigne toute luisante qu’il lui tendit.

« Oh ! Merci, Nois… »

Mais la fillette n’eut pas le loisir de terminer sa phrase. Une petite voix, venant on ne sait d’où, murmurait son prénom :

« Isabelle ! Isabelle ! »

Isabelle regarda de tous côtés mais ne vit rien. La voix poursuivit :

« Isabelle ! Je suis là, n’aie pas peur ! »

Terrorisée, la fillette ne répondit rien, puis se risqua enfin à demander :

« Qui… qui êtes-vous ?

-Je suis la Galipote, tu sais, le monstre horrible dont tout le monde parle. C’est vrai, je suis affreuse, mais je ne suis pas méchante. Tu vois le gros chêne creux, là, tout près ? Je suis cachée à l’intérieur. Je vais sortir. Tu n’auras pas peur ?

-Non, non… Madame… balbutia Isabelle.

-Alors je sors ! »

Malgré les paroles rassurantes de la Galipote, Isabelle ne put réprimer une grimace et un mouvement de recul en la voyant. L’être qui se tenait devant elle ressemblait à un énorme lézard vert portant sur le dos deux ailes de chauve-souris et pourvu d’une tête de griffon au bec acéré.

« Je t’avais prévenue, je ne suis pas belle à voir !

-Oh ! Non, Madame, répondit la fillette que commençait tout de même à rassurer la voix douce du monstre.

-Tu es perdue dans cette immense forêt, n’est-ce pas ?

-Oui, Madame.

-Monte sur mon dos, je vais te ramener chez toi ! »

Non sans un certain dégoût, Isabelle, tenant serré contre elle son petit écureuil, monta à califourchon sur le dos de la Galipote. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, elle se retrouva dans les airs, et l’instant d’après ses pieds touchaient terre dans une prairie, en vue de sa maison.

« Merci, Madame ! » cria-t-elle au monstre en courant vers son logis. 

Avant de franchir la porte du jardin, elle se retourna une dernière fois, mais quelle ne fut pas sa surprise : l’horrible créature avait disparu ! A sa place se tenait une très belle dame à la longue chevelure et vêtue d’une robe d’azur constellée d’étoiles scintillantes. La dame adressa à Isabelle un petit signe de la main, lui sourit puis disparut dans un éclair aveuglant.

Isabelle en resta médusée sur place. Ce qu’elle ignorait, c’est que la Galipote était en réalité une bonne fée à qui un sort avait été jeté. L’action charitable qu’elle venait d’accomplir en sauvant Isabelle l’en avait délivrée et lui avait rendu son apparence première.

 

 

dragonalain.gif

 

 

« Isabelle ! Isabelle ! Mais où étais-tu ? Nous te cherchions partout ! »

La fillette sursauta. C’étaient ses parents qui accouraient vers elle à grands cris.

Elle se jeta dans leurs bras.

« Où étais-tu, Isabelle ? Tu nous as fait une de ces peurs !  » dit sa mère en pleurant.

Isabelle raconta entre deux sanglots, la raison de son escapade dans la forêt, sa crainte que Noisette soit tué ou blessé, le dragon devenu une belle dame et son regret d’avoir fait de la peine à son papa et à sa maman. Elle promit qu’elle ne recommencerait plus.

« Viens à la maison, lui dit son père, essuie tes larmes ! Tout finit bien, c’est l’essentiel, mais ne refais jamais une chose pareille ! Allons, après  toutes ces émotions, que dirais-tu d’un bon chocolat chaud ? »

Isabelle sourit au travers de ses pleurs. Tous trois entrèrent dans la maison.

Noisette, lui, durant la discussion, avait sauté des bras d’Isabelle et dévorait avec appétit les gâteaux qui l’attendaient à la fenêtre de la chambre de la fillette.

Isabelle lui a fait promettre de ne plus retourner dans la forêt. Elle a lu dans ses petits yeux qu’il avait compris.

Et la vie a repris son cours tranquille. Isabelle et Noisette sont restés les meilleurs amis du monde et ni l’un ni l’autre n’a trahi sa promesse.

Bien sûr, Isabelle rencontre encore parfois la bonne fée à la robe d’azur, mais seulement dans ses beaux rêves !

 

Quant à moi, j’ai marché sur la queue d’une souris, et mon conte est fini !

 

AG

 

Galip-01.jpg

 

 

Et quelques jours de  :

 

PAUSE0002

 

Amitiés

 

Alain

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commentaires

Elo 10/11/2011 12:52



Un bien joli conte. Simple et beau. Plein de tendresse et de gentillesse. Des valeurs si importantes ! Bisous



ag86 11/11/2011 08:16



Merci de tes encouragements.


Bisous



ANTONI 08/11/2011 18:02



J'adore ! Et ce Noisette n'est pas si pénible, finalement. Quand je pense que la Galipote figurait une sorte de croque-mitaine alors qu'on lui avait simplement jeté un sort. J'a-do-re ! (Ah, je
l'ai déjà écrit ???)


Bravo Alain pour ton talent que tu renouvelles à l'envi.


Amitiés. Bonne soirée à vous deux.



sweet 08/11/2011 09:40



superbe..et en plus tu crées tes images maintenant!!
La classe!! BRavo 



*** lili *** 05/11/2011 09:33


On a bien aimé ton histoire, c'était super Louise et Alban Ils ont vraiment apprécié, Alban 5 ans 1/2 qui ne reste pas en place, a été attentif .... c'est Louise (9 ans 1/2) et moi qui avons lu -
nous allons lire maintenant l'histoire du jardinier - bisous et bon samedi Alain


Comme Je t' Aime 05/11/2011 07:02



Bonjour alain


je ptit passage sur ton blog pour te souhaiter un bon week end


gros bisous


anne



Bonjour Et Bienvenue !

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Alain GAUTRON    

 

 

Mon second blog :

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Fables et écrits courts

 

 

 

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  "La prose de la vie nous permet de survivre.

Mais vivre, c'est vivre poétiquement."

 

Stéphane HESSEL

(Le chemin de l'espérance)

 

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couverture

 

70 fables en vers

illustrées de photos en noir et blanc

par Yveline  (yg86)

150 pages

 

Ed. : TheBookEdition

 

Dans la rubrique "Rechercher un livre"

taper : FABLES

 

 

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L'homme d'un seul livre,

comment peut-il être libre ?

 

 

"Que la jeunesse y prenne garde !

Qu'elle n'aliène jamais sa conscience au bénéfice d'un parti, d'une idéologie, d'un homme !"

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Merci Sonya


 

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décerné par Lee Rony
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Je le remercie
très chaleureusement.





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PARLANGHE POITEVIN

 

 


L’imaginaire hameau de La Beurlandrie, de la non moins imaginaire commune de Taupignac, véritable petit « Cloche-Merle » du Poitou, nous livre ici tous ses secrets. Dans une suite de courtes histoires reliées un peu à la manière d’un roman, l’auteur nous raconte, dans une langue truculente, les dires, les faits et gestes, les espoirs et les déboires de La Jheanne, La Simoune, Le Bicognard, La Grimaude, le thiuré, Sébastien l’facteur, et pi bin d’autes…
Alain Gautron est né en 1948 et a passé toute son enfance à Charroux. Dans ses textes, il retrouve son parler familial, le poitevin méridional commun au sud-Civraisien (sud de la Vienne) et au Ruffécois (Charente poitevine). — Préface d’Yves Gargouil, maire de Charroux et vice-président du Conseiller général de la Vienne.
En fin d’ouvrage, Eric Nowak propose une petite étude sur la langue de l’auteur, et la resitue dans l’ensemble poitevin et saintongeais.

Editions PyréMonde juillet 2009

 

Vient de paraître :

 

 

Patois 01 Nowak

 

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Tour Charlemagne

Catégories

Merci de votre visite !

 

 

 

rose notes

 

 


DIFFERENCES


Toi qui repousses l'étranger,

A son encontre qui fulmines,

Pourrais-tu, plutôt que juger,

Considérer tes origines ?

 

Notre Histoire est un long voyage ...

Les peuples ont mêlé leur sang.

Aberration, ce "Pur Lignage",

Celui dont tu te dis l'enfant !

 

N'es-tu pas Celte ou  fils de Rome,

D'Afrique, berceau des Humains,

Etre cosmopolite en somme,

Riche de tes parents lointains ?

 

Rien ici-bas n'est étranger,

Et si la haine fait recette,

C'est que notre oeil est abonné ...

Au petit bout de la lorgnette !

 

Mille couleurs et  non l'unique

Font tout le charme d'un décor.

Pourrait-on parler de musique

S'il n'existait qu'un seul accord ?

 

Ce sang qui coule dans nos veines

Porte en lui tous les souvenirs

De la grande Famille Humaine

Et tant d'Amour qui veut grandir !

 

Toi qui repousses l'étranger,

A son encontre qui fulmines,

Pourrais-tu, plutôt que juger,

Considérer tes origines ?

 

AG

A bientôt !

 

oiseau de l'amitié

 

 


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Ferrat 03

 

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