Partager l'article ! Triple A: Marcel est assis sur un banc. Il a l'air accablé. Son compère La Tignasse arrive en ...
Marcel est assis sur un banc. Il a l'air accablé. Son compère La Tignasse arrive en sifflotant.
-Qu'est-ce que tu fais là, Marcel ? T'as pas froid sur ce banc ? Viens, on va marcher un peu, ça va nous réchauffer !
-Bah ! Pour quoi faire ?
-Comment ça, pour quoi faire ? Allez, viens, t'es tout gelé ! Qu'est-ce qui t'arrive, tu t'es fâché avec Zézette ?
-Non, c'est pas ça...
-Alors c'est quoi ?
-C'est à cause de ce que j'ai entendu à la télé...
-Où ça ?
-Ben chez Henri au bistrot, où veux-tu que ce soit ?
-Et qu'est-ce que t'as entendu ?
-Comment, t'es pas au courant ? La France a perdu un A !
-Et alors ?
-C'est tout ce que ça te fait ? Elle en avait trois, elle en a plus que deux ! Tu te rends compte ?
-Tu sais, pour moi tout ça, ça va, ça vient... Ça va pas changer not' vie à nous...
-Mais tu comprends rien, La Tignasse ! La note de la France est baissée d'un tiers ! D'un tiers, c'est grave ce truc-là !
-D'un tiers, t'es sûr ?
-Ben oui, y a plus que deux A sur trois ! C'est des mathématiques, ça.
-C'est pas un peu beaucoup ?
-Non. Du coup, c'est tout le pays qu'a diminué d'un tiers, rapetissé, réduit, rétréci : les choses, les gens, enfin tout ! C'est une
engeance de notation qu'a fait ça, un nom américain, je sais plus... Depuis, je me sens tout rabougri, je t'assure, je dois avoir au moins perdu quinze centimètres d'un coup, si
c'est pas plus...
-Mais enfin, t'es ridicule, Marcel, c'est pas ça du tout que ça veut dire ! Réfléchis un peu !
-Si, si ! Tout est diminué, c'est automatique, ça va avec la note ! C'est comme ça que y a des pays qu'ont disparu !
-T'en connais ?
-Ben l'Atlantide, par exemple, j'ai lu un bouquin là-dessus, Va savoir si ça serait pas une histoire de note...
-Tu lis trop, Marcel, je te l'ai déjà dit !
-Et toi aussi, La Tignasse, t'as baissé d'un tiers, comme tout le monde ! Y a pas de raison ! Mais comme tout est diminué d'un coup
partout, on s'en rend pas compte. Tu y peux rien, c'est comme ça ! La preuve, c'est que tu comprends rien à ce que je te dis ! Et tu sais pourquoi ?
-Ma foi non !
-C'est pace que ton cerveau a rétréci lui aussi, en même temps que la note ! Et voilà ! Et plus ça ira, moins tu vas comprendre si
elle continue à baisser !
-Mon pauvre Marcel, t'es vraiment tombé bien bas !
-Tiens, tu vois, tu le remarques, toi aussi ! Pas plus tard que ce matin, je me promenais du côté du Champ de Mars. Eh ben, la Tour Eiffel, il
me semble bien qu'elle est moins haute que d'habitude... Même que le niveau de la Seine, avec ça, il a baissé aussi, c'est Lulu qui me l'a dit. Tout baisse, j'te dis ! Faut voir les choses
en face : on vaut plus grand chose...
-Et tes sentiments pour Zézette et mon amitié pour toi, ça baisse aussi, ça ?
-Ah ! Non, évidemment, ça, c'est toujours pareil, c'est sacré !
-Eh ben, tu vois, y a encore des choses qu'ont de la valeur ! Ça veut dire qu'y a encore de l'espoir ! Allez, viens Marcel, on va
boire un coup, ça te remontera !
AG
Bonjour et bienvenue !
Alain GAUTRON
70 fables en vers
illustrées de photos en noir et blanc
par Yveline (yg86)
150 pages
Dans la rubrique "Rechercher un livre"
taper : FABLES
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L'homme d'un seul livre,
comment peut-il être libre ?
"Que la jeunesse y prenne garde !
Qu'elle n'aliène jamais sa conscience au bénéfice d'un parti, d'une idéologie, d'un homme !"
André Frossard
Cadeau de Line
Merci
Merci Sonya





L’imaginaire hameau de La Beurlandrie, de la non moins imaginaire commune de Taupignac, véritable petit « Cloche-Merle » du
Poitou, nous livre ici tous ses secrets. Dans une suite de courtes histoires reliées un peu à la manière d’un roman, l’auteur nous raconte, dans une langue truculente, les dires, les faits et
gestes, les espoirs et les déboires de La Jheanne, La Simoune, Le Bicognard, La Grimaude, le thiuré, Sébastien l’facteur, et pi bin d’autes…
Alain Gautron est né en 1948 et a passé toute son enfance à Charroux. Dans ses textes, il retrouve son parler familial, le poitevin méridional commun au sud-Civraisien (sud de la Vienne) et au
Ruffécois (Charente poitevine). — Préface d’Yves Gargouil, maire de Charroux et vice-président du Conseiller général de la Vienne.
En fin d’ouvrage, Eric Nowak propose une petite étude sur la langue de l’auteur, et la resitue dans l’ensemble poitevin et saintongeais.
Editions PyréMonde juillet 2009
Vient de paraître :
DIFFERENCES
Toi qui repousses l'étranger,
A son encontre qui fulmines,
Pourrais-tu, plutôt que juger,
Considérer tes origines ?
Notre Histoire est un long voyage ...
Les peuples ont mêlé leur sang.
Aberration, ce "Pur Lignage",
Celui dont tu te dis l'enfant !
N'es-tu pas Celte ou fils de Rome,
D'Afrique, berceau des Humains,
Etre cosmopolite en somme,
Riche de tes parents lointains ?
Rien ici-bas n'est étranger,
Et si la haine fait recette,
C'est que notre oeil est abonné ...
Au petit bout de la lorgnette !
Mille couleurs et non l'unique
Font tout le charme d'un décor.
Pourrait-on parler de musique
S'il n'existait qu'un seul accord ?
Ce sang qui coule dans nos veines
Porte en lui tous les souvenirs
De la grande Famille Humaine
Et tant d'Amour qui veut grandir !
Toi qui repousses l'étranger,
A son encontre qui fulmines,
Pourrais-tu, plutôt que juger,
Considérer tes origines ?
AG







