Partager l'article ! Le brochet (histouère): Le bistrot « Chez la Nicole ». O y a peursounne. La Nicole lit les jhornaux tranthill’ ...
Le bistrot « Chez la Nicole ». O y a peursounne. La Nicole lit les jhornaux tranthill’ment assite à une tablle en bouévant un café. Arrive Lucas.
« Ta, Lucas, bonjhour, comment qu’o va a matin ?
― Bonjhour. Ah, ma paur’ Nicole, m’en parl’ pas !
― Est-tou qu’o y a quèqu’un d’malad’ chez toué ? Assis-tou.
― Non point, ol’est ben pis qu’ça …
― Pis qu’ça ? Peursounne est mort quand minme ?
― Non, non …
― Ah ! Tu m’as fait pour ! Eh ben, qui qu’o y a don ?
― Ol’est la Denise …
― Ta drôllière ? Al’a eu un’ accident ?
― Non … mais a sort ac un gars d’Potché …
― A sort don pus avec Jhean, l’drôle à René ?
― Penses-tu ? Non point, ol’est fini d’la s’maine darnière.. A sort avoure ac un dénoummé Beurnard.
― Ah ? Et pis ? …
― Et pis a nous z’a d’mandé à sa mère et à moué si a peuvait l’am’ner à la maison …
― O y a rin d’estraordinaire à ça !
― Attends ! La Jhanine était pressée d’counnaît’ thiô gars, alors i y avans dit qu’ol’tait d’accord. Moué i m’minfiais. I avait pas tort.
― Ol ‘est pas on voillou, quand minme ?
― Non point … Enfin … L’sont don v’nus tous deux mangher la soupe hier dimanche.
― Est-tou un jholi gars ?
― Ah ! vous z’aut’ les bounnes fammes, v’étez ben toutes pareilles !
― L’a une bounne figure, au moins ?
― Voui, mais ol’est pas ça …
― Vas-tu m’dire c’qu’o ya , à la fin ?
― Tu zou répétras pas, hein ?
― I zou répétrai pas, là !
― Bon. La jhanine avait thiusiné un brochet, un jholi brochet ...
― Ol’est bon ça ! Jhustement, i veurais en faire mo tou. Où don qu’tu l’as ach’té ?
― Ben … I l’ai point ach’té …
― Mais tu m’as pas pris d’carte de pêche thiette année.
― Ben non, i l’ai pêché sam’di dans la Beurlandine, jhuste après l’pont.
― T’es pas l’seul à faire de minme. O faut pas s’faire prend’, ol’est tout. Et pis ?
― Volà qu’en mangeant, dans la conversation, l’ Beurnard me parl’ de thiô puésson, qu’l’était bon et voure qu’i ll’avait pris. Moué, i y’ai dit, ben sûr.
― V’étiez en famille …
― Tu parl’ ! I zou savais pas, mais thiô gars est ghendarme, alors tu sais pas c’que l’a fait ?
― Non.
― L’m’a foutu un procès peur braconnaghe, thiel oziâ ! Tu t’rends compte, un procès à moué qui peurrais êt’ son futur beau-père ! Ol’a jhamais vu ça !
― Ah ! ben là, tu m’assis …
― Dounne-mou un roughe, ta, sans t’commander.
― I vas en bouère un mo tou … Tu parl’ d’un coup ! Et pis qui qu’t’as fait ?
― Rin. Qui qu’tu veux qu’i fasse ?
― Et la Denise ?
― A s’est mise à brailler, pis a yi a foutu sa main sû la goule , en yi disant qu’si à Potché tous les ghendarmes étiant si bêtes que li, les voleurs étiant ben tranthilles ! Là-d’ssus, l’a ripé se gailloches ! »
AG
Bonjour et bienvenue !
Alain GAUTRON
70 fables en vers
illustrées de photos en noir et blanc
par Yveline (yg86)
150 pages
Dans la rubrique "Rechercher un livre"
taper : FABLES
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L'homme d'un seul livre,
comment peut-il être libre ?
"Que la jeunesse y prenne garde !
Qu'elle n'aliène jamais sa conscience au bénéfice d'un parti, d'une idéologie, d'un homme !"
André Frossard
Cadeau de Line
Merci
Merci Sonya





L’imaginaire hameau de La Beurlandrie, de la non moins imaginaire commune de Taupignac, véritable petit « Cloche-Merle » du
Poitou, nous livre ici tous ses secrets. Dans une suite de courtes histoires reliées un peu à la manière d’un roman, l’auteur nous raconte, dans une langue truculente, les dires, les faits et
gestes, les espoirs et les déboires de La Jheanne, La Simoune, Le Bicognard, La Grimaude, le thiuré, Sébastien l’facteur, et pi bin d’autes…
Alain Gautron est né en 1948 et a passé toute son enfance à Charroux. Dans ses textes, il retrouve son parler familial, le poitevin méridional commun au sud-Civraisien (sud de la Vienne) et au
Ruffécois (Charente poitevine). — Préface d’Yves Gargouil, maire de Charroux et vice-président du Conseiller général de la Vienne.
En fin d’ouvrage, Eric Nowak propose une petite étude sur la langue de l’auteur, et la resitue dans l’ensemble poitevin et saintongeais.
Editions PyréMonde juillet 2009
Vient de paraître :
DIFFERENCES
Toi qui repousses l'étranger,
A son encontre qui fulmines,
Pourrais-tu, plutôt que juger,
Considérer tes origines ?
Notre Histoire est un long voyage ...
Les peuples ont mêlé leur sang.
Aberration, ce "Pur Lignage",
Celui dont tu te dis l'enfant !
N'es-tu pas Celte ou fils de Rome,
D'Afrique, berceau des Humains,
Etre cosmopolite en somme,
Riche de tes parents lointains ?
Rien ici-bas n'est étranger,
Et si la haine fait recette,
C'est que notre oeil est abonné ...
Au petit bout de la lorgnette !
Mille couleurs et non l'unique
Font tout le charme d'un décor.
Pourrait-on parler de musique
S'il n'existait qu'un seul accord ?
Ce sang qui coule dans nos veines
Porte en lui tous les souvenirs
De la grande Famille Humaine
Et tant d'Amour qui veut grandir !
Toi qui repousses l'étranger,
A son encontre qui fulmines,
Pourrais-tu, plutôt que juger,
Considérer tes origines ?
AG







