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Scène II
Une demi-heure pus tard, au même endret.Arsène est rev'nu.
Barnabé rente.
Clotaire ¾ Alors, Barnabé, qui qu'al en a dit, la Léonie ?
Barnabé ¾ A m'a écouté, pis al a dit qu'al allait arrêter d'app'ler tout l'monde de même, mais ...
Clotaire ¾ Ah ! A la bounne heure !
Barnabé ¾ Attends la suite : i avais pas eu putout tourné les talons qu'al a r'commencé. A m'a même d'mandé mon numéro. Coumme maire, i ai pas pu r'fuser, daus foués qu'ol arrivrait quèque chouse de grave. I sais pus qui faire ... Pour moué, i cré ben qu'al a pus toute sa tête.
La Nicole ¾ O peurrait p'têt en parler à M'sieur l'thiuré ...
Clotaire ¾ Ou ben au méd'cin ...
A thiel instant, l'portab au maire sounne.
Barnabé ¾ Allô ! Ah ! Ol est toué, Léonie. Mais qui faire que tu m'appelles ? I te z'ai ben dit qu'o f'lait qu't'arrêtes de dérangher tout l'monde ... T'es achéïssab, tu sais ! Mais non, i m'fâche pas. Oui, bon ... Allez, au revoir Léonie !
Gorgheton ¾ Ben dis-don !
Le portab resounne.
Barnabé ¾ Allô ! Ah ! non ! O suffit avour, i t'zou répétrai pas. Voui, ben tant pis. Au r'voir !
Ol'est pus possib', pus possib' !
Arsène ¾ Ah ! Tu voués, tu t'en rends compte avour. Chez nous z'aut', ol est d'même tout l'temps. Si tu voyais l'Henriette quand thielle saloprie sounne ! A saute coumme un chebrâ ! Et pis les drôles avant daus mauvaises notes à l'école à cause que l'dormant pas assez. Hier, le p'tiot a eu 5 sû 20 à sa dictée, et l'grand s'est fait punir pace que l'dormait pendant la leçon d'calcul ! I ai fait un mot d’écrit au maît’ d’école pr y espliquer. Manque de chance, ol est un rempiaçant. I sais pas si l’comprenra
ben …
Clotaire ¾ Pace qu’ Honoré est malade ?
Barnabé ¾ Non, l’est en staghe à Potché pr une semaine.
Clotaire ¾ Ah bon !
Le portab sounne encore un coup.
Barnabé (Hors de li.) ¾ Crè bordel de bordel ! I t'ai dit d'pus téléphoner ! ... Oh pardon, escusez-moi, mon capitaine. C'qui s'passe ? Je vous expliquerai. Non, non, la gendarmerie a pas besoin d'intervenir, vous tracassez pas. Un p'tit souci, rien d'plus. Non, j'ai pas oublié la réunion. Dans un quart d'heure à la mairie. Entendu. A tout de suite, mon capitaine ... A m'énerve, mais a m'énerve !
Barnabé sort en colère, suivi de Clotaire, de Gorgheton et d'Arsène.
La Nicole reste toute seule. A débarrasse les tab'.
Farnand arrive tout énervé .
Farnand ¾ Nicole ! Nicole ! Dounne-mou un cognac, vite !
La Nicole ¾ Attends, attends, esplique-mou déjhà ce qui t'arrive. O verra après. Assis-tou là. Bon, alors qui qu’o y a d’si grave ?
Farnand ¾ Tu sais ben, la ... la Léonie ... a ... a ... fait étou daus photos avec son portab’ ... Pien d'photos peurtout et d'n'importe qui. Ah ! Thielle-là, al a l'diab' manché dans les palettes !
La Nicole ¾ Ah bon ? O fait daus photos étou thiès enghins ?
Farnand ¾ Ben sûr. Et thiès photos, a les fait voir à tout l'monde. Hier matin, al en a pris une de moué en train ... de ... d'bigher la Denise à la descente de l'autobus.
La Nicole ¾ Et la Marie l'a vute, ben' entendu ?
Farnand ¾ Ben, ta ! Ol'est ça l'pire ! Dèpis thiau coup, a veut pus m'voir . Tu t'rends compte ? La Marie veut pus m'voir ! Ah ! I sais pas c’qu’i va dev’nir ! Ta, i va m’pend !
Le s'met à brailler tout c’que l’sait.
La Nicole ¾ Es-tu fou ? Tu vas point t’pend ! O faut y espliquer. Allez, calme-tou, Farnand. Pourquoi don qu'tu la bigheais, d'abord, la Denise ?
Farnand ¾ Mais jhuste pr z’y dire bonjhour,coumme tout l'monde, ol est tout, tu penses !
La Nicole ¾ Bon, ben braille pas, braille pas, o va s'arrangher, toun' histoire !
Farnand ¾ Non, o s'arrangh'ra pas ! I zou sais, o s'arrangh'ra pas !
Et l'se met à brailler que d'pus fort.
Rideau
***
Bonjour et bienvenue !
Alain GAUTRON
70 fables en vers
illustrées de photos en noir et blanc
par Yveline (yg86)
150 pages
Dans la rubrique "Rechercher un livre"
taper : FABLES
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L'homme d'un seul livre,
comment peut-il être libre ?
"Que la jeunesse y prenne garde !
Qu'elle n'aliène jamais sa conscience au bénéfice d'un parti, d'une idéologie, d'un homme !"
André Frossard
Cadeau de Line
Merci
Merci Sonya





L’imaginaire hameau de La Beurlandrie, de la non moins imaginaire commune de Taupignac, véritable petit « Cloche-Merle » du
Poitou, nous livre ici tous ses secrets. Dans une suite de courtes histoires reliées un peu à la manière d’un roman, l’auteur nous raconte, dans une langue truculente, les dires, les faits et
gestes, les espoirs et les déboires de La Jheanne, La Simoune, Le Bicognard, La Grimaude, le thiuré, Sébastien l’facteur, et pi bin d’autes…
Alain Gautron est né en 1948 et a passé toute son enfance à Charroux. Dans ses textes, il retrouve son parler familial, le poitevin méridional commun au sud-Civraisien (sud de la Vienne) et au
Ruffécois (Charente poitevine). — Préface d’Yves Gargouil, maire de Charroux et vice-président du Conseiller général de la Vienne.
En fin d’ouvrage, Eric Nowak propose une petite étude sur la langue de l’auteur, et la resitue dans l’ensemble poitevin et saintongeais.
Editions PyréMonde juillet 2009
Vient de paraître :
DIFFERENCES
Toi qui repousses l'étranger,
A son encontre qui fulmines,
Pourrais-tu, plutôt que juger,
Considérer tes origines ?
Notre Histoire est un long voyage ...
Les peuples ont mêlé leur sang.
Aberration, ce "Pur Lignage",
Celui dont tu te dis l'enfant !
N'es-tu pas Celte ou fils de Rome,
D'Afrique, berceau des Humains,
Etre cosmopolite en somme,
Riche de tes parents lointains ?
Rien ici-bas n'est étranger,
Et si la haine fait recette,
C'est que notre oeil est abonné ...
Au petit bout de la lorgnette !
Mille couleurs et non l'unique
Font tout le charme d'un décor.
Pourrait-on parler de musique
S'il n'existait qu'un seul accord ?
Ce sang qui coule dans nos veines
Porte en lui tous les souvenirs
De la grande Famille Humaine
Et tant d'Amour qui veut grandir !
Toi qui repousses l'étranger,
A son encontre qui fulmines,
Pourrais-tu, plutôt que juger,
Considérer tes origines ?
AG







