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Scène IV
La fin de jhournée. Clotaire et Arsène sont à l'apéritif.
L’Anghélus sounne à l’église.
Clotaire ¾ Nicole, sers-nous don deux Pernod ... Ta couvraille, est-elle finie, Arsène ?
Arsène ¾ Penses-tu ? Avec thielle histouère, o m'a mis en r'tard. Oh ! Sept heures déjhà ! O faut qu'i m'dépêche de rentrer. L'Henriette va s'inquiéter.
Clotaire ¾ Attends une minute. Tu sais c'que i ai appris ? Le vieux Badinet et Célestin sont v'nus voir le maire. Badinet s'piaint que le jhô à Célestin chante pas aux bounnes heures, et Célestin que l'chin à Badinet arrête pas d'baillouler. Tu sais quèque chouse, Nicole ? Comment qu'o s'est fini ?
La Nicole ¾ Voui. L'sont v'nus là tous trois sû l'coup d'quatre heures. O causait fort, i vous zou garantis ! Mais Barnabé leur a payé à bouère et l'sont r'partis bons amis, tous deux soûls coumme deux gorets !
Entrent Barnabé et Sébastien, rigolant et tout énervés.
Barnabé ¾ Les amis, savez-vous c'que i ai là dans ma poche ? Vous zou d'vin'rez jhamais !
Arsène ¾ Ton couteau, pardi !
Barnabé ¾ Ca, oui,ben sûr, mais o y a aut'chouse. Regardez !
Le sort un téléphone.
Clotaire ¾ Ton portab’ !
Barnabé ¾ Jhustement non, ol est pas l'min. Savez-vous à qui qu’l’est ?
Clotaire ¾ Non point, mais tu vas nous zou dire.
Barnabé ¾Ol est thiau-là à la LEONIE !
Tout l'monde (sauf Sébastien qui zou savait déjhà) ¾ Pas possib ! Et comment qu't'as fait ?
Barnabé ¾ I ai rin fait dau tout. En rev'nant d'voir à mes bêtes au champ dau Bois d'l'Epine, i passe devant chez la Léonie. Et là, qui qu'i voué ?
Arsène ¾ Fais-nous pas languir, Barnabé !
Barnabé ¾ Le 4x4 à Narcisse garé d'vant sa porte. I m'arrête. Peursounne. I toque : rin. I boulite à la f’nêt’ : rin ! I retoque : rin ! I attends … Au bout d'un moument, la porte s'ouv' et l'sortant tous deux, en rigolant coumme deux bossus. Et là, vous savez c'qu'a m'dit, la Léonie ? ...
Arsène ¾ Non.
Barnabé ¾ A m'dit … Ta, Nicole, pour la peine, mets-nous une tournée !
Arsène ¾ A te dit ça ?
Barnabé ¾ Mais non ! A m’dit: "Avour, Narcisse et moué i allant viv' ensemb', et coumme i s'rai pus toute seule, i ai pus besoin d'mon téléphone. Ta, t'le volà, qu'a m'dit, tu peux l'garder !"
Clotaire ¾ Ca, par exemp ' ! Ol est un mirâc' !
Arsène ¾ I allant enfin pouvoir êt' tranthilles ! Merci, Barnabé ! Aux prochaines élections, i vot'rant teurtous pr toué !
Barnabé ¾ Ol est surtout Sébastien qu'o faut r'mercier. L' a un p'tit bout thiusiné Narcisse au sujhet d'la p'tite annonce.
Sébastien ¾ L’idée m’était v’nue en voyant tantout Narcisse et son jhournal, alors i sè allé les voir. Le s'counnaissant dèpis tout drôles, Narcisse et la Léonie, dèpis l'école. L'sont veufs et ben ghentils, pas maufaisants pr deux sous. I ai don causé avec eux deux en insistant un p'tit bout … sû les actions à la Léonie et sû la jholie r'traite daus ch'mins d'fer à Narcisse. L's'ront pas malheureux ensemb', pr sûr !
La Nicole ¾ Ta, et thiès deux-là qui v'nant là, à vout' avis, sont-y malheureux ?
Rentrant Farnand et la Marie, gais coumme pinsons, bras- dessus, bras-dessous.
Arsène ¾ Alors, les amoureux, comment qu'o va les affaires, asteure ?
Farnand ¾ P'pa, la Marie et moué, i avons décidé d'nous marier !
Marie ¾ Oui, et dès le mois prochain !
Arsène ¾ Ca, ol est une bounne nouvelle, pas vrai, les amis ? Dans mes bras, mes drôles ! Nicole, ol est ma tournée, sers à bouère à tout l’monde !
Clotaire ¾ Barnabé, avec tous thiès mariaghes, ol est pr le coup qu'o va falloir que la Simoune repasse toun' écharpe, sûr que voui !
Tout l'monde ¾ Vive les mariés !
Tout l'monde applaudissant.
A thiau moument, l' portab à la Léonie qu'était posé sû l'comptoir s'met à sounner.
Barnabé ¾ Allô ! Millin Gargasson ? Mais non, ol est pas la Léonie ! Ol est moué Barnabé. Comment, quel Barnabé ? Barnabé, l’maire de Taupignac ! Ah, bon, t’as compris… Comment qu’o s’fait qu’ol est pas la Léonie ? I t’espliquerai pus tard. Mais dis-don, t’as l’téléphone, avour ? Tu ... Tu t'es ach'té un portab’ ! Ah! …Ol est ton n'veu Marcel qui vint d'te l'apporter ... L’a fait là un jholi coup ! Oui, i t'entends, oui, o marche coumme o faut ! "CINQ SÛ CINQ ! " Mais dis-don, o va pas r'commencer avec toué ! Tu m'entends ! Mais non, i seus pas en colère .... Allez, au r'voir, Millin, va te coucher ! ...
(Le raccroche) Ah ! Tu parles d'un progrès ! DIAB' DE PORTAB' !
Rideau
Alain Gautron

Bonjour et bienvenue !
Alain GAUTRON
70 fables en vers
illustrées de photos en noir et blanc
par Yveline (yg86)
150 pages
Dans la rubrique "Rechercher un livre"
taper : FABLES
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L'homme d'un seul livre,
comment peut-il être libre ?
"Que la jeunesse y prenne garde !
Qu'elle n'aliène jamais sa conscience au bénéfice d'un parti, d'une idéologie, d'un homme !"
André Frossard
Cadeau de Line
Merci
Merci Sonya





L’imaginaire hameau de La Beurlandrie, de la non moins imaginaire commune de Taupignac, véritable petit « Cloche-Merle » du
Poitou, nous livre ici tous ses secrets. Dans une suite de courtes histoires reliées un peu à la manière d’un roman, l’auteur nous raconte, dans une langue truculente, les dires, les faits et
gestes, les espoirs et les déboires de La Jheanne, La Simoune, Le Bicognard, La Grimaude, le thiuré, Sébastien l’facteur, et pi bin d’autes…
Alain Gautron est né en 1948 et a passé toute son enfance à Charroux. Dans ses textes, il retrouve son parler familial, le poitevin méridional commun au sud-Civraisien (sud de la Vienne) et au
Ruffécois (Charente poitevine). — Préface d’Yves Gargouil, maire de Charroux et vice-président du Conseiller général de la Vienne.
En fin d’ouvrage, Eric Nowak propose une petite étude sur la langue de l’auteur, et la resitue dans l’ensemble poitevin et saintongeais.
Editions PyréMonde juillet 2009
Vient de paraître :
DIFFERENCES
Toi qui repousses l'étranger,
A son encontre qui fulmines,
Pourrais-tu, plutôt que juger,
Considérer tes origines ?
Notre Histoire est un long voyage ...
Les peuples ont mêlé leur sang.
Aberration, ce "Pur Lignage",
Celui dont tu te dis l'enfant !
N'es-tu pas Celte ou fils de Rome,
D'Afrique, berceau des Humains,
Etre cosmopolite en somme,
Riche de tes parents lointains ?
Rien ici-bas n'est étranger,
Et si la haine fait recette,
C'est que notre oeil est abonné ...
Au petit bout de la lorgnette !
Mille couleurs et non l'unique
Font tout le charme d'un décor.
Pourrait-on parler de musique
S'il n'existait qu'un seul accord ?
Ce sang qui coule dans nos veines
Porte en lui tous les souvenirs
De la grande Famille Humaine
Et tant d'Amour qui veut grandir !
Toi qui repousses l'étranger,
A son encontre qui fulmines,
Pourrais-tu, plutôt que juger,
Considérer tes origines ?
AG







