Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 19:42

 

GENOUILLES-ALAIN.gif

 

Demoiselle Crapaud caressait un doux rêve :
Être "Miss  de l'étang", Reine de la Beauté !
De l'aube au crépuscule, elle y songeait sans trêve,
Mais un jour son miroir lui souffla, fort gêné :

"J'ai beaucoup réfléchi : Grenouille est la plus belle !
Oubliez ce concours, d'avance il est perdu.
A voir son teint de jade, tous voteront pour elle,
Et vous n'aurez plus rien, que vos espoirs déçus !"

Pour la décourager, il fallait davantage !

Elle alla consulter un certain charlatan,
Avec force pommade, onguents et maquillage,
Qui en fit de Rana* le portrait ressemblant.

Hélas, le jour venu, lorsqu'elle fut sur scène,
Ses appâts fondirent aux feux des projecteurs !

Demoiselle Crapaud, courant à perdre haleine,
Regagna son logis de fort méchante humeur.

On découvre un matin, lorsque le réveil sonne,
Qu' à vouloir être un autre, on n'était plus personne.

AG

* La Vénus des grenouilles (dictionnaire AG86)

Partager cet article
Repost0
18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 09:49

 

corneille.jpg

 

Le Paon sur son perchoir raillait Dame Corneille :

"Quitterez-vous un jour votre habit de malheur,
Cette robe lugubre aux ténèbres pareille ?
Regardez mon plumage, admirez ses couleurs !
Ne vaut-il pas cent fois votre triste figure ?
Allez donc vous cacher et restez-y toujours,
Ainsi vous ne ferez pas honte à la Nature !"

Et chaque jour le Paon répétait ce discours.
La Corneille en retour ne cherchait pas querelle,
Ignorait son propos, riant à l'occasion,
Mais peut-être en secret, au fond, n'attendait-elle
Que le moment de lui donner une leçon...

Or un soir que le Paon, sur une basse branche,
Dormait paisiblement, le Renard s'approcha,
Se pourléchant déjà, on était un dimanche,
D'offrir à sa famille un mets de ce prix-là.

La Corneille perchée au faîte d'un grand chêne,
Apercevant Goupil, mena soudain grand bruit,
Réveillant tous les chiens de la ferme prochaine.
Sans même un au revoir, le prédateur s'enfuit !

Le Paon remercia, bouffi de repentance,
Jurant de respecter désormais son prochain.


Que l'on soit de la plèbe ou de noble naissance,
On ne sait pas de qui l'on peut avoir besoin !

AG

Partager cet article
Repost0
16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 10:42

 

automne Alain (1)

 

Un fauteuil à bascule

Où jouaient deux chatons

Brocardait la pendule,

Faisait le fanfaron :

 

- Ton balancier ondule,

Toujours du même ton,

N’est-ce pas ridicule,

Sans imagination ?

 

pendule 010-copie-1

- Et toi qui gesticules,

Lança le carillon,

Mais qui te manipule ?

Rien que ces deux chatons !

Tandis que moi, pendule,

Mes « ondulations »,

Seule je les régule,

Et avec précision !

 

Soudain, sans préambule,

Epuisé tout de bon,

Son ressort capitule,

Le tic-tac s’interrompt.

 

Du fauteuil à bascule,

Le maître de maison

Chasse les funambules.

 

Fin de la discussion !

 

deux chatons-copie-2

 

AG

 

Blog au ralenti...

 

2xgqky0v1-copie-1

Partager cet article
Repost0
15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 10:43

apothicaire.jpg

 

 

Dune force terrible, un colosse brutal,

Bandit de grands chemins, au dire des chroniques,

Détroussait les passants et les mettait à mal,

Rouant les malheureux de force coups de trique.

 

Un jour, faisant le guet, tapi contre un buisson,

Il fut par un serpent mordu à la cheville.

Il gisait, de douleur tombé en pâmoison,

Quand vinrent à passer un père avec sa fille.

 

Cet homme, l’an passé, avait été volé,

Battu, laissé pour mort par le patibulaire.

Qu’importe, il s’arrêta et courut au blessé.

Il l’eut bientôt guéri, étant apothicaire.

 

Sa fille s’étonna de sa compassion :

- J’aurais bien pour ma part, je dis ce que je pense,

Au su de ce qu’il fit et pour sa punition,

Laissé dans le fossé ce gibier de potence !

Car guéri maintenant, il est plus fort que nous !

 

- Ma chère enfant, je ne crois pas qu’il recommence !

 

- Ne craignez rien, Monsieur, dit la brute à genoux.

De nous deux, le plus fort n’est pas celui qu’on pense !

 

AG

Partager cet article
Repost0
2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 09:05

 

crapaud-feuilles.jpg

 

Un canard très bavard, à qui voulait l’entendre,

Racontait les méfaits qu’on prêtait au crapaud.

Sans preuves ni témoins, il donnait à comprendre

Que ledit batracien avait tous les défauts :

Ne l’avait-on pas vu se glisser certain soir

Tout près du poulailler où dormaient les canettes ?

"Il convoitait les œufs, attendait qu’il fît noir !"

C’est ce que prétendait une taupe en retraite.

L'indésirable monstre était bien dans son tort !

Avec son teint terreux, n’était-il point malade ?

A tout le moins maudit, tous en étaient d’accord.

"Il faut l’éliminer !" crièrent les pintades.

 

La foule se rua sur le pauvre et l’occit.


Moi qui l’ai bien connu, à ceux-là je réplique

Que jamais je ne vis être plus doux que lui…

Il n’est rien de plus fou que la rumeur publique !

 

AG

Partager cet article
Repost0
30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 11:28

 

hérisson

 

Un petit hérisson traversait l’autoroute.

- Malheureux jouvenceau, criai-je, arrière toute !

Au nom du Ciel, reviens, tu es en grand danger !

Veux-tu finir tes jours comme chair à pâté ?

 

- Merci de prendre, ami, soin de ma destinée,

Mais sans vous offenser, l’autoroute est fermée.

C’est écrit à l’entrée : on y fait des travaux.

Je suis jeune il est vrai, mais je lis les panneaux !

 

AG

Partager cet article
Repost0
23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 13:40

 

Sauterelle.jpg

 

Une sauterelle verte

S’élança pour un grand saut,

Mais sans tête et inexperte,

Se retrouva, Plouf ! dans l’eau.

 

Aussitôt vers le rivage

La voici résolument

Qui s’évertue à la nage,

Mais bien inutilement.

 

La nature en sa largesse

Est là prise au dépourvu :

Pour un tel cas de détresse,

Elle n’avait rien prévu !

 

Déjà la truite s’approche,

Flairant ce mets savoureux,

Se faufile entre les roches

Et la dévore des yeux.

 

Un quidam un peu poète

Qui passait près du ruisseau,

Repêche la pauvre bête,

La pose sur un roseau.

 

Mais derechef la pécore,

Dès qu’il a le dos tourné,

Se met à sauter encore…

Hélas du mauvais côté !

 

On s’expose à maints déboires,

Pourtant chacun le sait bien,

Quand les leçons de l’histoire

Ne servent à rien !

 

AG

 

Désolé pour le retard pris dans mes visites.

Je passe dès que possible.

Amitiés

Alain

Partager cet article
Repost0
9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 10:58

 

002.jpg

 

Un Luma* s’adressa certain jour en ces termes,

Du haut de sa coquille, à messire le Loup :

« A la course, l’ami, dit-il d’une voix ferme,

Si vous le voulez bien, tous deux mesurons-nous.

Gageons que je vous bats ! – Ah ! Ah ! La belle affaire !

Répondit Ysengrin. La tortue en son temps

Avait su mieux que toi choisir son adversaire !

Moi, lièvre je ne suis, je t’en fais le serment !

- Eh bien, partons d’ici, lui dit la bête à cornes.

L’arrivée aura lieu à ce puits. Allez, go ! »

 

Le loup partit d’un trait, fut bientôt à la borne,

Mais grandement surpris, y trouva… l’escargot !

Le rusé avait là posté son demi-frère

A lui tout ressemblant. Le Loup honteux, marri,

S’en alla tête basse au fond de son repaire.

 

Renard avait tout vu, et il en a bien ri !

 

AG

 

D’après un conte poitevin

* escargot

Partager cet article
Repost0
15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 09:30

 

deux-freres.jpg

 

Si l’on peut n’être pas d’accord,

Avoir raison ou avoir tort,

Le respect, lui, toujours s’impose,

N’est-ce pas la moindre des choses ?

 

Deux frères, à propos d’héritage,

Se disputaient si violemment

Que l’un, blêmissant sous l’outrage,

Leva la main fort méchamment.

 

Chacun regagna sa chaumière,

Honteux, confus de l’incident

Et pleurait des larmes amères,

Ne sachant que faire et comment.

 

Que penserait leur pauvre mère ?

Tous deux regrettaient, c’est certain !

 

Non, s’emporter n’avance guère,

On a deux problèmes au lieu d’un !

 

AG

Partager cet article
Repost0
26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 09:10

 

 

corbeau.jpg

   Un corbeau remarqua, survolant la rivière,

   Un beau quignon de pain qui dérivait sur l’eau.

   D’un coup d’aile avisé, plongeant tête première,

   Il le cueillit du bec et s’envola bien haut.

   Puis, fatigué sans doute, le posa bien vite,

   Car il était fort lourd, dans le pâtis voisin.

   Aussitôt, trois corbeaux, en invités tacites,

   Vinrent se joindre à lui profiter du festin.

   Et rien n’était plus beau que voir ces volatiles,

   Sans un heurt, comme en frères, partager ce pain !*


 

Le partage entre humains n’est pas chose facile,

Il nous faut magistrats, tout le diable et son train !

 

AG

 

*scène réellement observée

 

Partager cet article
Repost0

Bonjour Et Bienvenue !

  • : La Plume Bleue
  • : La Plume bleue est un blog de poèmes et nouvelles écrits simplement au fil des jours, de l'actualité, des événements de la vie. Vous y trouverez également des textes en "parlanjhe" poitevin. Bonne visite !
  • Contact

 

Bonjour et bienvenue !

Alain GAUTRON    

 

 

Mon second blog :

02-banniere-cadre.jpg

 

Fables et écrits courts

 

 

 

vase-01.JPG

 

dessin PG 01

 

Guilde-fabulaire-02.jpg

 

 

 

  "La prose de la vie nous permet de survivre.

Mais vivre, c'est vivre poétiquement."

 

Stéphane HESSEL

(Le chemin de l'espérance)

 

Jean-Mauget-001.jpg

 

 

gyrovague-01.jpg

 

couverture

 

70 fables en vers

illustrées de photos en noir et blanc

par Yveline  (yg86)

150 pages

 

Ed. : TheBookEdition

 

Dans la rubrique "Rechercher un livre"

taper : FABLES

 

 

Pistil-logo.jpg

 

dyn007_original_150_153_gif_2568700_8474a34fc78041318210194.gif

 

à Line


Rechercher


L'homme d'un seul livre,

comment peut-il être libre ?

 

 

"Que la jeunesse y prenne garde !

Qu'elle n'aliène jamais sa conscience au bénéfice d'un parti, d'une idéologie, d'un homme !"

André Frossard


"La pollution de la planète n'est qu'un reflet extérieur d'une pollution psychique intérieure, celle de millions d'individus inconscients qui ne prennent pas la responsabilité de leur vie intérieure." Eckhart Tolle

Aplumedor

Merci Line

 

 

gentillesse

 

Merci Sonya


 

Blog d'or
décerné par Lee Rony
le 30/07/09
Je le remercie
très chaleureusement.





Coeur de l'Amitié
Merci à
Bilitis
et Channig



Certificat
s
Merci à
Didier


certificat
prix-2010

Merci Emma

09122092229.gif
Merci Sissi
plume bleue

PARLANGHE POITEVIN

 

 


L’imaginaire hameau de La Beurlandrie, de la non moins imaginaire commune de Taupignac, véritable petit « Cloche-Merle » du Poitou, nous livre ici tous ses secrets. Dans une suite de courtes histoires reliées un peu à la manière d’un roman, l’auteur nous raconte, dans une langue truculente, les dires, les faits et gestes, les espoirs et les déboires de La Jheanne, La Simoune, Le Bicognard, La Grimaude, le thiuré, Sébastien l’facteur, et pi bin d’autes…
Alain Gautron est né en 1948 et a passé toute son enfance à Charroux. Dans ses textes, il retrouve son parler familial, le poitevin méridional commun au sud-Civraisien (sud de la Vienne) et au Ruffécois (Charente poitevine). — Préface d’Yves Gargouil, maire de Charroux et vice-président du Conseiller général de la Vienne.
En fin d’ouvrage, Eric Nowak propose une petite étude sur la langue de l’auteur, et la resitue dans l’ensemble poitevin et saintongeais.

Editions PyréMonde juillet 2009

 

Vient de paraître :

 

 

Patois 01 Nowak

 

blason-Poitou-Charentes.jpg

Tour Charlemagne

Catégories

Merci de votre visite !

 

 

 

rose notes

 

 


DIFFERENCES


Toi qui repousses l'étranger,

A son encontre qui fulmines,

Pourrais-tu, plutôt que juger,

Considérer tes origines ?

 

Notre Histoire est un long voyage ...

Les peuples ont mêlé leur sang.

Aberration, ce "Pur Lignage",

Celui dont tu te dis l'enfant !

 

N'es-tu pas Celte ou  fils de Rome,

D'Afrique, berceau des Humains,

Etre cosmopolite en somme,

Riche de tes parents lointains ?

 

Rien ici-bas n'est étranger,

Et si la haine fait recette,

C'est que notre oeil est abonné ...

Au petit bout de la lorgnette !

 

Mille couleurs et  non l'unique

Font tout le charme d'un décor.

Pourrait-on parler de musique

S'il n'existait qu'un seul accord ?

 

Ce sang qui coule dans nos veines

Porte en lui tous les souvenirs

De la grande Famille Humaine

Et tant d'Amour qui veut grandir !

 

Toi qui repousses l'étranger,

A son encontre qui fulmines,

Pourrais-tu, plutôt que juger,

Considérer tes origines ?

 

AG

A bientôt !

 

oiseau de l'amitié

 

 


couronne noel








musiciens-bretons.jpg

baudet.jpg

vaches.jpg

carte-paysanne.jpg

Ferrat 03

 

A.g-0001-copie-1.jpg